La cardiomyopathie hypertrophique chez le
Maine Coon : HCM
Cette maladie cardiaque
d’origine génétique présente chez le Maine Coon, mais également dans
d’autres races, suscite actuellement beaucoup de polémique. Je ne pouvais
pas ne pas aborder ce problème de santé car nous sommes tous concernés,
éleveurs et particuliers, propriétaires de Coons.
Il existe déjà de nombreux
écrits concernant cette maladie donc je ne vais pas m’étaler, juste de
simples rappels.
Définition :
L’ HCM peut
être définie en tant que maladie du cœur causée par un épaississement
anormal de ses parois musculaires.
C’est une maladie
héréditaire qui affecte les chats (mais aussi l’homme, le porc,…). Le mode
de transmission d'une génération à l'autre n'est pas encore clairement
défini. Depuis les années 1970, on admet que l’ HCM est une cause fréquente
d'arrêt cardiaque, de thrombose et de mort soudaine chez les chats. Une
étude majeure a été effectuée sur les Maine Coons aux USA, permettant de
penser que cette maladie serait transmise par un seul gène dominant.
Malheureusement, le premier
signe de HCM est souvent la mort subite du chat causée par un arrêt brutal
du cœur, ou une perturbation majeure du rythme cardiaque.
Les chats affectés ne
montrent souvent aucun signe de cette maladie avant l'âge de 6 mois.
Le diagnostic clinique de
cette maladie est réalisé par un vétérinaire spécialisé en cardiologie qui
pratique une écho-doppler.
Depuis quelques temps, des
laboratoires ont mis au point un test ADN pour dépister la forme HCM1,
associée à une mutation dans le gène MyBPC3, et uniquement décrite chez le
Maine Coon actuellement.
Ce test permet de
sélectionner les reproducteurs, d’adapter les croisements pour éviter de
produire des chatons atteints dans la descendance et de propager la maladie
dans l’élevage et aussi dans la race. Il permet aussi d’anticiper
l’apparition de la maladie chez le chat atteint afin de soulager le cœur en
adaptant les conditions de vie et l’alimentation.
C’est une maladie mono
génique autosomale dominante. Le test ADN permet de connaître le statut
génétique de l’animal vis à vis de la forme HCM1 : soit le chat est sain,
soit le chat est hétérozygote pour HCM1, soit le chat est homozygote pour
HCM1.
On définira le chat comme :
Sain = porte deux
copies normales du gène MyBPC3, il ne développe pas la maladie sous sa forme
HCM1 et ne transmet pas une copie défectueuse du gène MyBPC3 à ses descendants.
L'absence de la mutation chez un chat ne signifie pas qu'il ne développera
jamais une HCM.
Hétérozygote = porte une
copie normale et une copie défectueuse du gène MyBPC3, il peut alors
développer une forme légère de cardiomyopathie sous sa forme HCM1 et il transmet l’anomalie à
la moitié de sa descendance.
Homozygote = porte deux
copies défectueuses du gène MyBPC3, il développe, en général, une forme
précoce et grave de cardiomyopathie sous sa forme HCM1, et il transmet l’anomalie à la totalité
de sa descendance.
Cette maladie présente une
très grande variabilité d’expression, les formes les plus graves conduisent
à la mort de l’animal avant l’âge de un an, les formes les plus légères
peuvent s’exprimer après 10 ans.
Pour les chats hétérozygotes
ou homozygotes le test ADN ne permet pas de prévoir l’âge d’apparition de la
maladie. Seul un examen échographique peut permettre d’identifier les
premiers symptômes d’hypertrophie cardiaque.
Pour conclure, je voudrais
dire qu’actuellement avec l’arrivée du test ADN sur le marché il n’est plus
acceptable qu’un éleveur vende un chat sans connaître le statut des
reproducteurs. Il est important de
noter qu'après vérification du statut ADN du chat, et même s'il a été
déclaré "sain", la surveillance répétée par écho-doppler reste la seule
méthode de suivi, afin de s'assurer de la non apparition d'une HCM.
Après libre à chacun de
travailler avec des chats sains ou des chats porteurs, mais il ne faut pas,
dans ce cas, oublier qu’un jour on se trouvera face à des acquéreurs qui ont
le droit de savoir quel est le statut de leur chaton.